Vue aérienne d'une ville côtière de Madère, destination d'expatriation atlantique

Comparatif expatriation · Archipels atlantiques

S'expatrier : Madère, Canaries ou Açores ?

Fiscalité, visas, coût du logement, santé et réseau francophone : le comparatif pour une installation, pas pour des vacances.

🇵🇹 MIBC 5 %🇪🇸 ZEC 4 %📄 IFICI vs Beckham

Trois archipels atlantiques, trois logiques d'installation. Madère mise sur sa zone franche et un régime personnel à 20 %. Les Canaries jouent l'IGIC à 7 %, la loi Beckham et la meilleure desserte aérienne d'Europe. Les Açores offrent le calme, une TVA à 16 % et pas grand-chose d'autre en matière d'incitations. Ce comparatif s'adresse à qui envisage d'y transférer sa résidence : il compare les régimes réellement applicables, leurs conditions d'entrée et ce que change chaque option au quotidien.

Vous préparez un voyage, pas une installation ? Ce comparatif-ci raisonne en fiscalité, visas et vie quotidienne. Pour choisir une île où passer une ou deux semaines (randonnée, plages, budget vacances), c'est notre comparatif Madère ou une autre destination qu'il vous faut.

Le comparatif critère par critère

Fiscalité des sociétés

Madère

MIBC : IS à 5 % dans la zone franche, prolongé jusqu'en 2033. Hors MIBC, IRC régional à 14 % (11,2 % sur les 50 000 premiers euros pour les PME), et 8,75 % dans les communes de l'intérieur comme Santana, São Vicente, Porto Moniz et Porto Santo.

Canaries

ZEC : IS à 4 %, mais entrée conditionnée à 100 000 € d'investissement et 5 emplois à Tenerife ou Gran Canaria (50 000 € et 3 emplois ailleurs), à réaliser dans les deux ans suivant l'inscription au registre ROEZEC. Hors ZEC, IS espagnol à 25 %.

Açores

Même réduction régionale que Madère hors zone franche : IRC à 14 %, 11,2 % pour les PME sur les 50 000 premiers euros. Aucun dispositif comparable au MIBC ni à la ZEC.

Fiscalité des particuliers

Madère

IFICI : 20 % forfaitaires pendant 10 ans pour les activités éligibles, en remplacement du RNH. S'y ajoute la réduction régionale d'IRS madérien, jusqu'à 30 % sous le barème national sur les six premiers échelons.

Canaries

Loi Beckham : 24 % forfaitaires jusqu'à 600 000 € de revenus, pendant six ans, sans imposition du patrimoine hors d'Espagne. Sinon, barème IRPF espagnol classique, jusqu'à 47 %.

Açores

IFICI applicable comme partout au Portugal, plus la réduction régionale açorienne d'IRS. Pas de régime spécifique aux îles au-delà de ça.

Taxe sur la consommation

Madère

TVA portugaise, taux régional madérien de 22 % (contre 23 % au continent). Taux réduits à 12 % et 5 %.

Canaries

IGIC à 7 % en taux général, hors du champ de la TVA européenne. C'est l'avantage fiscal le plus visible au quotidien.

Açores

TVA régionale açorienne à 16 %, la plus basse du Portugal, avec des taux réduits à 9 % et 4 %.

Climat au quotidien

Madère

Microclimat côtier très stable : 17 à 25 °C sur la côte sud toute l'année, avec un nord nettement plus humide et des sommets qui peuvent geler. Peu d'extrêmes.

Canaries

Plus sec et plus ensoleillé, surtout à Lanzarote et Fuerteventura, quasi désertiques. Tenerife et Gran Canaria oscillent entre 20 et 28 °C. Moins de vert, plus de garantie de soleil l'hiver.

Açores

Franchement atlantique : 14 à 24 °C, pluies fréquentes et météo changeante d'une heure à l'autre. Végétation luxuriante, mais c'est le climat le plus exigeant des trois pour une installation à l'année.

Coût du logement

Madère

Marché tendu à Funchal depuis 2021. Compter 700 à 1 500 €/mois pour un T2 selon la zone, nettement moins dans les communes rurales de l'ouest et du nord.

Canaries

Comparable à Madère, avec une pression forte à Las Palmas et Santa Cruz. La hausse liée au télétravail y a été plus rapide qu'à Madère sur les zones prisées.

Açores

Le moins cher des trois hors São Miguel. Ponta Delgada se situe au niveau de Funchal, les autres îles bien en dessous, avec une offre locative très réduite.

Accès depuis la France

Madère

Vols directs depuis Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes et Toulouse selon la saison (TAP, easyJet, Transavia). Environ 4 h. Aéroport unique, exposé au vent.

Canaries

La meilleure desserte des trois, de loin : quatre îles reliées en direct par de nombreuses compagnies low-cost, toute l'année.

Açores

Peu de directs depuis la France ; on passe généralement par Lisbonne pour Ponta Delgada. Les vols inter-îles ajoutent du coût et des aléas.

Santé

Madère

SESARAM, le service régional, avec l'hôpital central Dr. Nélio Mendonça à Funchal. Accès au public une fois le NIF et l'inscription au centre de santé obtenus. Un nouvel hôpital est en construction.

Canaries

Servicio Canario de Salud, réseau dense sur Tenerife et Gran Canaria, plus étalé ailleurs. Cadre espagnol, bien documenté pour les Français.

Açores

Réseau public correct à São Miguel, plus limité sur les petites îles, avec des évacuations vers le continent pour les cas lourds.

Communauté francophone

Madère

En croissance depuis 2020, concentrée à Funchal, Caniço et Ponta do Sol. Petite mais active, avec des groupes d'entraide et des professionnels francophones (comptables, avocats) accessibles.

Canaries

Communauté française plus ancienne et bien plus nombreuse, surtout à Tenerife. Moins de dynamique de réseau récente, davantage de retraités installés de longue date.

Açores

Très peu de Français installés et pas de réseau structuré. À réserver aux profils qui recherchent explicitement l'isolement.

Le verdict selon votre profil

Retraité, visa D7

Recommandation : Madère

Le D7 portugais reste l'une des voies les plus accessibles d'Europe pour un retraité non-UE, et les Français citoyens de l'Union n'ont besoin que du certificado de registo. Madère ajoute un climat sans à-coups, un coût de la vie inférieur à la France, SESARAM et une réduction régionale d'IRS qui allège le barème. Les Canaries offrent un cadre espagnol équivalent en qualité mais sans avantage fiscal réel pour une pension.

Nomade digital, visa D8

Recommandation : Madère, Canaries en alternative sérieuse

Sur le papier, le D8 portugais et le visado de teletrabajo espagnol se ressemblent. La différence est communautaire : le Digital Nomads Village de Ponta do Sol, lancé en février 2021, a fait venir plus de 10 000 nomades et laissé derrière lui des coworkings, un Slack actif et des événements réguliers. Las Palmas a plus de volume, mais un logement qui a flambé plus vite. Point de vigilance : à revenus élevés, la loi Beckham espagnole peut être plus intéressante que l'IFICI si votre activité n'entre pas dans les professions éligibles.

Entrepreneur, société

Recommandation : Madère, sauf si vous embauchez massivement

Le MIBC est le seul régime des trois archipels qui ne demande pas de ticket d'entrée en capital : les plafonds de bénéfice taxé à 5 % sont indexés sur les emplois créés, pas sur un investissement immobilisé. La ZEC descend à 4 %, mais exige 100 000 € d'investissement et cinq emplois à Tenerife ou Gran Canaria dans les deux ans. Si vous prévoyez d'emblée une équipe importante et un investissement lourd, la ZEC redevient compétitive, avec l'IGIC à 7 % en prime. Sinon, le MIBC est plus souple, et sa prolongation jusqu'en 2033 lui donne une visibilité que la ZEC n'a pas.

Famille avec enfants

Recommandation : Madère ou Canaries selon la scolarité

Madère compte des écoles internationales à Funchal et un réseau public en portugais ; le choix reste étroit et se joue vite sur les places disponibles. Les Canaries offrent plus d'options anglophones et un vivier de lycées français en Espagne bien plus fourni. Les Açores sont le choix le plus difficile pour une scolarité non lusophone.

MIBC ou ZEC : la vraie différence

C'est l'arbitrage qui décide le plus souvent entre Madère et les Canaries, et on le résume mal en comparant seulement les taux. Le MIBC (Centro Internacional de Negócios da Madeira) taxe à 5 % ; la ZEC canarienne descend à 4 %. Sur ce seul chiffre, les Canaries gagnent. Mais les conditions d'entrée n'ont rien à voir.

La ZEC exige une immobilisation de 100 000 € dans les deux ans suivant l'inscription au registre ROEZEC pour une société établie à Tenerife ou Gran Canaria, 50 000 € sur les autres îles, assortie d'un plancher de cinq emplois (trois ailleurs) à maintenir en moyenne annuelle. C'est un modèle pensé pour des structures qui investissent et recrutent d'emblée.

Le MIBC raisonne autrement : pas de capital minimum à immobiliser, mais des plafonds de bénéfice éligible indexés sur le nombre d'emplois créés dans la région. Une petite structure entre plus facilement, une grosse doit surveiller ses plafonds. Le régime a été prolongé jusqu'en 2033, ce qui règle la question de visibilité qui freinait beaucoup de projets. Ni l'un ni l'autre n'est un paradis fiscal : les deux réclament une substance économique réelle et sont contrôlés.

Le détail des conditions, des plafonds et de la procédure d'agrément est sur notre page MIBC : la zone franche de Madère, et les étapes concrètes sur créer une société au MIBC.

IFICI ou loi Beckham : l'arbitrage côté particulier

Pour l'imposition personnelle, la comparaison se joue entre l'IFICI portugais, qui a remplacé le RNH, et le régime des impatriés espagnol, dit loi Beckham. L'IFICI applique 20 % forfaitaires pendant dix ans aux revenus d'activité éligibles ; la loi Beckham, 24 % jusqu'à 600 000 € de revenus, mais seulement six ans.

Le taux plaide pour Madère, la durée aussi. Mais l'IFICI est nettement plus sélectif : il suppose d'exercer une activité figurant dans une liste de professions et de secteurs, là où la loi Beckham s'ouvre plus largement dès lors qu'on n'a pas été résident espagnol les années précédentes. Si votre activité n'entre pas dans le périmètre IFICI, l'écart bascule côté espagnol.

À Madère s'ajoute un avantage souvent oublié : la réduction régionale d'IRS, qui place le barème madérien jusqu'à 30 % sous le barème national sur les premiers échelons. Elle bénéficie à tous les résidents, y compris ceux qui ne sont pas éligibles à l'IFICI. Les critères d'éligibilité sont détaillés sur notre page IFICI, le régime qui succède au RNH, et la question de la double imposition sur la convention fiscale France-Portugal.

Ce que le tableau fiscal ne dit pas

Trois points font basculer des projets bien plus souvent qu'un point d'IS. D'abord la consommation courante : l'IGIC canarien à 7 % contre 22 % de TVA à Madère se voit sur chaque achat, voiture comprise, et sur la durée cela pèse plus qu'on ne l'anticipe.

Ensuite le logement. Les trois archipels ont vu leurs loyers monter depuis 2020, mais aucun n'a un parc profond : à Funchal comme à Las Palmas, trouver un bien correct à l'année demande du temps et souvent d'être sur place. Nos repères de prix sont sur la page prix de l'immobilier à Madère.

Enfin l'isolement. Les Canaries se rejoignent en direct toute l'année depuis la moitié des aéroports français ; Madère a une bonne desserte mais un aéroport unique et venté ; les Açores imposent presque toujours une correspondance à Lisbonne. Sur une installation longue, avec des allers-retours familiaux réguliers, ce paramètre pèse. Le détail des liaisons est sur vols pour Madère.

Questions fréquentes

Pour un entrepreneur, Madère : le MIBC donne un IS à 5 % sans exiger d'investissement minimum en capital fixe, là où la ZEC canarienne réclame 100 000 € d'investissement et 5 emplois à Tenerife ou Gran Canaria (50 000 € et 3 emplois sur les autres îles). Pour un salarié détaché ou un profil à hauts revenus, les Canaries peuvent l'emporter grâce à la loi Beckham (24 % forfaitaires jusqu'à 600 000 €). Le climat et le réseau francophone départagent souvent le reste.

Les deux sont des régimes d'IS réduit autorisés par Bruxelles : 5 % au MIBC de Madère, 4 % en ZEC canarienne. La différence est dans les conditions d'entrée. La ZEC impose un investissement minimum en immobilisations (100 000 € ou 50 000 € selon l'île) et un plancher d'emplois dès la création. Le MIBC raisonne en substance : postes créés et plafonds de bénéfice indexés sur les emplois, sans ticket d'entrée en capital. Le MIBC a par ailleurs été prolongé jusqu'en 2033.

Non. Les Açores appliquent la même réduction régionale d'IRC que Madère hors zone franche (14 % au lieu de 20 %, 11,2 % sur les premiers 50 000 € pour les PME) mais n'ont aucun équivalent du MIBC ni de sa zone franche à 5 %. L'IFICI, lui, est national : il s'applique aux Açores comme à Madère et au continent.

Les Açores, dans les îles hors São Miguel, restent les moins chères, mais l'offre y est limitée. Madère et les Canaries sont proches ; l'écart se joue surtout sur le logement, tendu à Funchal comme à Las Palmas. Côté taxe sur la consommation, les Canaries gardent un avantage réel : l'IGIC est à 7 % contre 23 % de TVA au Portugal, Madère comprise.

Le D8 portugais et le visado de teletrabajo espagnol se valent sur le papier. Madère se distingue par son écosystème : le Digital Nomads Village de Ponta do Sol, ouvert en février 2021, a accueilli plus de 10 000 nomades et reste la communauté la plus structurée des trois archipels. Les Canaries ont plus de volume, notamment à Las Palmas, mais une communauté moins fédérée.

Ce sont deux régimes distincts qui peuvent coexister sur une même situation : l'IFICI concerne l'imposition personnelle du résident, le MIBC celle de la société. Les conditions d'éligibilité s'apprécient séparément, et le montage doit tenir sur le plan de la substance réelle. C'est exactement le type d'arbitrage à valider avec un conseil avant de déménager.

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